Tutoriel en vidéo
Larves de moustiques dans un bassin urbain à Lyon
Vidéo à titre illustratif.
L'essentiel
- Le moustique pond dans l'eau qui ne bouge pas, jamais dans l'eau courante.
- Sur le bassin lyonnais, la surface montrait de nombreux exuvies d'éclosion.
- Le moustique tigre pond dans quelques dizaines de millilitres d'eau seulement.
- Remettre l'eau en mouvement ou lâcher des poissons coupe la ponte.
- Le moustique tigre transmet des maladies vectorielles comme la dengue.
En balade à Lyon avec Romain Lasseur, on s'est arrêtés devant un bassin verdi par la ville. À première vue c'est joli et rafraîchissant. Sauf que l'eau ne circulait plus : elle était stagnante. Et là, à la surface, on a vu ce qui trahit un vrai site de reproduction de moustiques.
Pourquoi ce bassin à Lyon attire-t-il les moustiques ?
La femelle moustique pond dans l'eau qui ne bouge pas. Romain me l'a montré très simplement : dans le courant, elle ne pond pas, car les larves de moustique n'aiment pas l'eau mouvante. Dès que l'eau stagne, ça devient un site de ponte idéal. Ici, l'idée de départ était bonne, mais l'eau ne circulait plus.
Comment reconnaître des larves de moustiques dans l'eau ?
En me penchant, j'ai vu des larves partout au bord et surtout des exuvies flottant en surface. Ces débris d'éclosion signifient que des moustiques ont déjà bouclé un cycle. Tant que l'eau reste chaude et que des femelles pondent, plusieurs générations de moustiques se succèdent. Ce bassin était devenu une véritable aubaine pour eux.
Quelles solutions contre les larves de moustiques ?
La première, c'est remettre l'eau en mouvement pour empêcher la ponte. On peut aussi lâcher des poissons qui consomment les larves de moustique, comme les chauves-souris mangent les adultes volants. Il existe des solutions de biocontrôle à base de bacille de Thuringe, ainsi qu'un film protecteur déposé en surface pour bloquer la ponte.
Le moustique tigre est-il plus dangereux ?
Oui, le moustique tigre présent en France depuis 2004-2005 transmet des maladies vectorielles : dengue, zika, chikungunya, fièvre jaune. Cette année, on constate une explosion des cas de dengue importée. Romain a rappelé que la punaise de lit, dont on parle beaucoup, ne transmet pas de maladie, contrairement au moustique.
Chez vous, surveillez toute eau stagnante : récupérateur d'eau, coupelles, jardin. Une petite fontaine qui brasse l'eau suffit souvent à éviter la prolifération. Le but n'est pas d'atteindre zéro moustique, mais de ne pas leur faciliter la ponte.
Questions fréquentes
Où les moustiques pondent-ils leurs œufs ?
Que sont ces débris blancs à la surface de l'eau ?
Comment empêcher les moustiques de pondre dans un bassin ?
Le moustique tigre est-il dangereux pour la santé ?
Dans combien d'eau le moustique tigre peut-il pondre ?
Une fontaine suffit-elle à éviter les moustiques chez moi ?
La punaise de lit transmet-elle des maladies comme le moustique ?
Transcription de la vidéo
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Un bassin verdi à Lyon
Salut tout le monde. En balade à Lyon en compagnie de Monsieur Lasseur, on est tombés sur ce qu'on appelle des gîtes larvaires à moustiques, et on s'est dit pourquoi pas une vidéo sur le moustique et le moustique tigre. Pour ça, j'ai le spécialiste, Romain Lasseur.
On se promenait sur Lyon et il m'a dit d'attendre parce qu'il y a vraiment un truc très flagrant au niveau de ces bassins. Romain, tu peux nous en dire plus ? C'est quoi le rapport entre ça et les moustiques, parce que ce n'est pas clair pour tout le monde.
Eau stagnante et moustiques
En fait, c'est une zone qui a été choisie par la ville pour être verdie. C'est plutôt une bonne chose : amener de la fraîcheur, de la circulation de l'eau, c'est apaisant pour les gens qui vivent ou travaillent là. Sauf que d'une idée de départ d'avoir de l'eau courante, on s'aperçoit que dans les cas où l'eau vient à manquer, l'eau ne circule plus. On a donc de l'eau stagnante, et qu'est-ce qu'on trouve dans l'eau stagnante ? Des larves de moustiques.
Je rappelle que seule la femelle du moustique pique, notamment Culex et Aedes, les deux grandes espèces qu'on a en France. Elle est hématophage, elle fait des repas de sang pour viabiliser ses œufs, puis elle va les pondre en milieu aquatique pour que les larves aquatiques se développent. Depuis 2004-2005, on a le moustique tigre en France, et sa femelle privilégie les lieux de ponte avec très peu de surface d'eau.
Le moustique ne pond pas sur les végétaux, il pond dans l'eau qui ne bouge pas, l'eau stagnante. Dans le courant, il ne pond pas parce que l'eau bouge tout le temps. À partir du moment où on a de l'eau stagnante, ça devient des sites de ponte prépondérants pour les femelles, et c'est le cas ici.
Les larves de moustiques
La femelle moustique va pouvoir pondre ses œufs puisqu'on a de l'eau stagnante. On voit bien les larves, et en surface on voit des exuvies. Une fois que le moustique a éclos, on voit bien une larve là, au bout de mon doigt. C'est difficile à voir à la caméra, mais elle est partie quelque part par là.
On voit beaucoup de restes d'éclosion à la surface, ce sont des exuvies de moustique. Ça veut dire qu'il y a déjà des moustiques qui ont fait un cycle. Rien dans l'eau n'empêche le développement des larves. Tant que l'eau est suffisamment chaude et qu'il y a des femelles qui pondent, on va avoir plusieurs générations de moustiques.
Là on a un lieu idéal de ponte et de développement des larves. C'est joli, c'est bien, mais il aurait fallu de l'eau en mouvement pour éviter ce site larvaire. Typiquement, c'est une aubaine pour la prolifération des moustiques, c'est un cadeau qu'on leur fait.
Les solutions possibles
La solution, c'est de mettre du courant, de faire attention au niveau d'eau pour que l'eau soit tout le temps en mouvement. En milieu plus naturel, on peut aussi lâcher des poissons, car pas mal d'espèces consomment les larves de moustique. Tout comme les chauves-souris consomment beaucoup de moustiques adultes volants, les poissons consomment beaucoup de larves.
Sinon, il existe des solutions de biocontrôle comme le bacille de Thuringe, notamment une marque qui s'appelle Vectobac ou ses dérivés. Ce sont des bactéries absorbées par la larve lorsqu'elle vient respirer en surface, et qui la tuent. Mais la première des solutions, c'est une bonne intention : mettre du vivant et de l'eau en ville, c'est rafraîchissant, néanmoins il faut faire attention aux effets collatéraux comme le développement des moustiques.
Il faut vraiment une prise en compte de la ville pour qu'il y ait un suivi plus précis. Ce n'est pas normal de retrouver des larves de moustique à cette époque dans de l'eau stagnante en pleine ville. Ces larves ne sont pas les premières ici, puisqu'on a vu plein de débris d'éclosion en surface. Il faut déjà faire bouger cette eau, peut-être parce que c'est bouché par les feuilles.
Il y a aussi la possibilité de déposer un produit qui crée un film protecteur pour empêcher la ponte, à mettre au niveau des eaux stagnantes. Quand on regarde attentivement, il y a énormément de larves, il y en a vraiment partout. Ce sont de futurs moustiques dans quelques jours, et elles sont toutes au bord.
Contexte sanitaire du moustique
Avec le moustique, il faut savoir qu'il a d'abord une vie aquatique. Puis il y a un phénomène qu'on appelle l'émergence : à un moment donné il sort de l'eau, prend son envol et devient le moustique qui nous chante à l'oreille la nuit et qui nous pique.
Je rappelle le contexte sanitaire en France. Le moustique en lui-même est dérangeant parce qu'il pique et que ça démange. Mais surtout, avec l'avènement du moustique tigre, on a un contexte de santé publique qui s'est complexifié, avec la transmission de la dengue, un virus transmis par le moustique tigre. On en a de plus en plus en France avec sa progression assez folle.
Le moustique est un vecteur de pathogènes, et le tigre transmet la dengue, le zika, le chikungunya, la fièvre jaune. Le contexte épidémique devient assez complexe en France, d'où la nécessité de redoubler de vigilance sur ce type d'eau stagnante en plein milieu urbain.
Je fais le parallèle avec les punaises de lit dont on parle beaucoup dans les médias. La punaise de lit qu'on a chez nous, Cimex lectularius, ne transmet pas de maladie, c'est un fait avéré. C'est aussi pour ça qu'au laboratoire on se permet de manipuler des punaises à mains nues. Le moustique, lui, transmet vraiment des maladies vectorielles comme la dengue, avec cette année une explosion des cas importés en France.
Le moustique tigre
En conclusion, on pourrait dire que c'est plus dangereux de se faire piquer par un moustique tigre que par une punaise de lit, et pourtant on en parle beaucoup moins. Avec la punaise de lit, il y a une vraie psychose sociale : c'est en intérieur, dans le lieu de vie, dans l'intimité. Les gens infestés développent des impacts psychologiques, ce qui se comprend.
Le moustique, c'est plus dangereux parce qu'il transmet des maladies. On aurait pu croire l'inverse, parce que le moustique paraît anodin, ça fait des années qu'on vit avec. Mais il est avéré qu'il y a une prolifération du moustique tigre, en nombre, et il se déplace très fortement.
Il y a eu un buzz en 2023 autour de la punaise de lit dans les trains, les cinémas, les hôtels à Paris. Mais le buzz médiatique n'est pas forcément synonyme de risque. En ce moment, il y a énormément de risque autour de la dissémination de la dengue en France, notamment des cas importés, dont on parle peu au profit de la punaise. La punaise est dérangeante sur le plan dermatologique, psychologique et de l'intimité, mais pas sur le plan de la santé en termes de maladie transmise.
Une larve à la surface
Voilà des petites alternatives, des choses à penser. Ça peut se résoudre sans problème en faisant circuler l'eau, ça permettrait déjà beaucoup. Là-bas, où l'eau circule, il n'y en a pas.
Vous pouvez le reproduire chez vous : ceux qui se posent des questions peuvent installer une petite fontaine. Puisque l'eau remue sans arrêt, vous n'aurez pas de prolifération de moustiques, à condition que l'eau soit en mouvement et pas stagnante comme ici. Là, c'est vraiment un bassin de prolifération de moustiques.
Conclusion et gestes chez soi
Je n'arriverai pas à en attraper une, dommage, mais je les vois. À la caméra, ce sera compliqué à voir, il y en a plein mais elles sont dures à suivre. Persévérance, en voilà une, je suis content.
Romain confirme qu'on a fait à peu près le tour de la problématique, sachant que ça devient une vraie problématique urbaine. Vous avez bien compris le truc et vous allez pouvoir prendre des dispositions chez vous.
Tout ce qui est eau stagnante qui reste dans le jardin, la récupération d'eau de pluie, faites attention. Lâchez des poissons, mettez un couvercle dessus, protégez tous les sites de ponte qui peuvent paraître anodins. La femelle moustique tigre peut pondre dans très peu d'eau, quelques dizaines de millilitres. Regardez votre jardin autrement et anticipez ces gestes avant que les femelles ne pondent.
Le but n'est pas d'arriver à zéro moustique, on n'y arrivera pas, mais au moins de ne pas leur rendre le truc facile, vraiment limiter les lieux de ponte. N'hésitez pas à poser vos questions en commentaire et à vous abonner. Quant à moi, je prends la route direction le Nord-Pas-de-Calais. Lyon, ce fut très sympathique. À plus tout le monde, ciao, merci Romain.
Votre expert
Mickaël Vannieuwenhuyse
Technicien anti-nuisibles · 10 ans sur le terrain
- Certibiocide
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- Piégeur agréé
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« J'interviens chaque jour chez des particuliers et des professionnels. Sur cette chaîne, je filme mes vraies interventions pour vous montrer, sans filtre, ce qui marche vraiment. »