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Des grattements, des courses rapides ou des bruits de rongement qui surgissent la nuit dans un mur ou un plafond : c'est souvent le premier signe d'une souris. Mais le bruit seul ne dit ni l'espèce ni le nombre de rongeurs. Dans cet article, je vous explique pourquoi on entend les souris surtout la nuit, à quoi correspondent ces sons, et comment confronter ce que vous entendez aux traces pour confirmer leur présence avant d'agir.
Pourquoi entend-on les souris surtout la nuit ?
La souris grise (Mus musculus) est essentiellement nocturne et crépusculaire, même si elle peut tout à fait se déplacer en journée, notamment lorsqu'elle se sent en sécurité ou cherche de la nourriture.
Si on entend la souris surtout la nuit, c'est que la maison devient silencieuse : en journée, le bruit ambiant de la circulation, de la télévision ou des allées et venues masque ses déplacements.
D'après ce que les particuliers me signalent, le pic de bruit se situe en plein milieu de la nuit, entre minuit et 4 h du matin. On peut aussi en entendre en journée, mais seulement quand tout est calme autour. Autrement dit, ce n'est pas que la souris s'arrête au lever du jour : c'est surtout qu'on ne l'entend plus.
Pourquoi les souris font-elles autant de bruit ?
Malgré leur petite taille, les souris sont étonnamment audibles. En cause : leurs déplacements, leurs grattements et leurs rongements sont transmis et amplifiés par les matériaux du bâtiment. Une cloison en placo creux, un faux plafond ou des combles font littéralement caisse de résonance, et le moindre déplacement prend du volume.
Sur le terrain, je constate que le bruit le plus intense vient d'une souris qui circule au niveau du plafond, directement sur le placo : ce sont ses griffes qui raclent la plaque. C'est ce son-là qui impressionne le plus. Résultat, beaucoup de particuliers pensent immédiatement à un rat. Pourtant, une simple souris suffit à produire ces nuisances. L'intensité du bruit ne dit rien de la taille du rongeur.
Grattements, courses, rongements : quels bruits trahissent les souris ?
Les grattements et les bruits de déplacement sont les nuisances les plus souvent signalées. Dans la pratique, quatre types de bruits peuvent faire suspecter des souris :
- Des grattements répétés : ils proviennent des déplacements, du creusement ou de l'aménagement d'un abri.
- Des bruits de course : des petites galopades rapides dans les cloisons, les plafonds et les combles.
- Des bruits de rongement : les incisives attaquent les matériaux pour agrandir une ouverture ou gagner un nouvel espace.
- De petits couinements : on les entend parfois lorsque plusieurs individus communiquent entre eux.
Souris ou rat : peut-on les reconnaître au bruit ?
Non, on ne peut pas conclure sur l'espèce au seul bruit. Une souris produit des grattements étonnamment forts, tandis qu'un rat peut parfois se déplacer très discrètement. Le son, à lui seul, n'est pas fiable.
Le comportement donne parfois une piste, à prendre comme un simple indice d'orientation et jamais comme une certitude : un rat, plutôt méfiant, suit souvent un trajet fixe et localisé, alors qu'une souris, curieuse, se balade un peu partout. Pour trancher, il faut des indices matériels : excréments, traces de rongement, passages réguliers.
Quand un particulier m'appelle pour des grattements dans un plafond, je commence toujours par lui demander s'il a aperçu un rongeur, puis s'il a accès aux combles pour y chercher des traces. Le repère le plus simple reste la crotte : celle de la souris mesure environ 4 mm, comme un grain de riz, celle du rat approche 1 cm. J'ai détaillé cette distinction dans un article dédié à la crotte de souris ou de mulot.
Les souris dorment-elles et nichent-elles dans les murs ?
Oui. Les souris dorment, nichent et circulent dans les cloisons creuses et l'isolation (laine de verre, laine de roche), des refuges à l'abri des prédateurs et au chaud. Ces matériaux font un nid douillet, difficile d'accès, où elles peuvent aussi se reproduire.
Et c'est justement la reproduction qui explique une présence sonore installée et récurrente : selon la fiche espèce de l'Observatoire Fauna, la souris se reproduit en toute saison, avec plusieurs portées par an. Une population se renouvelle donc en continu, et les bruits reviennent.
Sur le terrain, je constate qu'une souris logée dans un mur finit souvent par ronger le placo pour s'ouvrir un passage vers les pièces de vie. Mon conseil : n'attendez pas de voir une souris dans une pièce pour vous intéresser aux grattements. Plus tôt vous réagissez, plus c'est simple à régler.
Le bruit indique-t-il combien de souris sont présentes ?
Non : ni l'intensité ni la fréquence des bruits ne disent le nombre de souris. Une seule souris peut multiplier les grattements dans un plafond ou une cloison, tandis que plusieurs individus peuvent être présents sans produire beaucoup de bruit.
Un indice peut tout de même attirer l'attention : entendre des déplacements simultanément à deux endroits distincts peut faire suspecter plusieurs individus. Restez prudent, car le son se propage à travers les matériaux et trompe facilement. Pour évaluer l'ampleur réelle, mieux vaut rechercher les traces et surveiller leur évolution ; je l'explique dans l'article sur la vitesse à laquelle une infestation s'aggrave.
Que faire quand on entend des souris dans les murs ?
La première étape est de confirmer la présence et, si possible, l'espèce avant d'agir. Si les combles sont accessibles sans danger, une inspection visuelle permet de repérer des excréments, des matériaux rongés ou des passages.
Le point le plus important n'est à mon sens ni l'heure ni la durée des bruits, mais leur localisation précise : c'est elle qui indique où traiter. Inutile donc de noter chaque réveil ; concentrez-vous sur l'endroit exact d'où vient le son.
Une fois le problème traité, cherchez les points d'entrée pour éviter une nouvelle visite. Je détaille les accès et les cachettes dans l'article sur par où entrent les souris. Un point de méthode fiable sur le rebouchage : la mousse polyuréthane seule ne tient pas, car les souris la rongent et rouvrent le passage. Préférez un grillage métallique adapté ou un calfeutrement renforcé type excluder inox, sans boucher les ventilations du bâtiment, et n'obturez jamais un passage sans avoir vérifié l'absence d'animal à l'intérieur.
En résumé : on entend les souris la nuit parce que le calme rend leurs déplacements perceptibles ; le bruit ne dit ni l'espèce ni le nombre de rongeurs ; les traces et les points d'entrée restent la bonne piste pour comprendre la situation et agir juste.